Lundi 9 novembre 2009
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17:13
Détail d'une peinture de Jan Van Scorel
Hutte douce mes cheveux en fraîcheur de soleil pour ta peau chaude d'ombres,
charmes et noisetiers mes arbres agrippés à tes mains qui montent,
nappe lente de miel salé la douce boisson de toi pour la défaite de mes hanches,
et mes cendres plongées en moites luttes
font des mots venus de profondeurs pour toi mon amour...
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Publié dans : Automne 2009
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Jeudi 1 octobre 2009
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2009
17:30
Une douceur tiède sous les pieds, un rouge sang sombre comme de velours autour de moi et une luisance pâle plus loin au sol, ce sont les premières images de mon rêve.
Je marche lentement vers cette nappe blanche qui s'étend devant moi, c'est seulement lorsque j'arrive à son bord
que je m'aperçois que c'est un lac opalin de liquide opaque.
Je m'avance doucement et c'est une lente descente, un abandon de mon corps à cette chaude blancheur, je suis toute
droite et plongée jusqu'au cou dans ce qui semble du lait, je sens à peine le fond glissant sous la pointe de mes pieds. Ma bouche est à présent près de la surface et j'en goûte la saveur.
D'abord je donne juste un petit coup de langue comme font les chats puis je lappe et enfin je bois de longues gorgées de ce lait. Il est un peu sucré mais parfois silloné de courants salés, il
est riche, épais, savoureux et nourrissant.
Un mouvement venant des tréfonds du lac vient doucement balancer mon corps, une présence au fond du lac fait
ondoyer tout le liquide par de lentes saccades, je reste longtemps ainsi bercée par le lait.
Lorsque je sors du lac et qu'il ruisselle en dernière caresse sur moi, je me sens nimbée de blancheur, suavement prise dans l'onctuosité de lait et de crème, je suis comme prise dans une nacre
mouvante et fertile.
Mes mains en lent glissement sur ma peau humide me disent lisse et luisante toute environnée de cette richesse,
minuscule corps blanc bosselé dans cette caverne de velours carminé. Je suis une perle sortie d'un
coquillage de lait et sertie dans le corps rêvé d'une vivante idole.
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Publié dans : Automne 2009
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Mardi 18 août 2009
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2009
13:44
Un texte merveilleux écrit pour moi par Triplex
Nomine...
J'ai d'abord parlé en fureur à une autre femme et à son poignard, mais c'était
avant de laisser partir la mort en moi, car ensuite j'ai fui dans le jardin et le poème n'a été ni pensé ni imaginé, le poème était moi devenu partie du jardin.
Alors j'ai parlé de son corps et de chaque lieu de son corps, et j'ai parlé aux
arbres, à l'écorce et à la feuille, j'ai parlé au fruit naissant, au brin d'herbe, au noir de la nuit entre les étoiles et j'ai parlé aux étoiles, j'ai parlé à la lune en initiale de son nom, à
l'air frais et à la discrète buée de mon souffle dans l'air, j'ai parlé aux plants du potager et aux plantes confuses pour moi qui ignore leur nom, j'ai parlé à la rosée, à l'humidité de la terre
et à la terre humide, j'ai parlé aux fleurs qu'on ne voit pas dans la nuit, j'ai parlé au chat indistinct, aux insectes inaperçus, à la flamme d'une bougie vite consumée, j'ai parlé à la froideur
de la nuit sur ma peau et aux frissons qui me parcouraient, j'ai parlé à la danse qui m'a tournoyé et à ma chute dans un cri, j'ai parlé au vertige qui vrillait le paysage et au sol qui venait de
recevoir mon corps étendu, j'ai parlé aux racines pour qu'elles poussent vers elle le sang de mes mots :
Dites à Cendrine qu'elle est aimée de Michaël, dites à Cendrine qu'elle est l'aimée de Michaël
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Publié dans : Eté 2009
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Mardi 11 août 2009
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2009
00:15
Il paraît que les fleuves et les rivières sont faits d'eaux douces...
Les deux petits fleuves lents et silencieux qui prennent leur source au fond du lac de mes yeux
sont salés, eux.
Salés mais doux malgré tout à mes joues qu'ils parcourent, doux car ils viennent de mes deux lacs profonds où
s'est baigné cet homme.
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Publié dans : Eté 2009
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Jeudi 9 juillet 2009
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2009
18:34
Vénus et Eros volant le miel. Lucas Cranach Le vieux
C'est un conte, un poème en prose ou une offrande.
Je ne vois qu'elle et ne veux voir qu'elle. Elle me fait penser à une poupée, sa robe blanche s'évase comme sur le corps d'une poupée, ses joues pleines et
roses sont celles d'une poupée. Elle mange à belles dents le rayon de miel de son bonheur et les abeilles qui vont et viennent au dessus des fleurs piquées dans ses cheveux noirs si noirs lui
offrent comme une couronne mobile. Elle passe devant moi avec lenteur sans me voir, je ne regarde qu'elle.
Lorsque je me détourne enfin, c'est en marchant vers la forêt que je laisse glisser les rubans de la tunique sur mes épaules. Rouge de cette étoffe j'étais,
blanche nue je demeure désormais. Les arbres s'approchent et je cherche celui sous lequel m'étendre. Lorsque je me trouve au cœur de la forêt, je le vois, il est grand et sombre, me regarde et
me laisse le caresser. Je m'allonge sous sa ramure bruissante et plonge dans le sommeil en songeant à celle aux cheveux de nuit sans fond.
Neuf années ont passé. Dans la chambre de la
maison de montagne, je me réveille de faux réveil et repars dans les songes. Je marche dévêtue et cherche à retrouver l'arbre sous lequel je m'étais étendue neuf ans auparavant. C'est bruissant
d'abeilles que je le retrouve, je ne vois
que lui et ne veux voir que lui. Je ne
m'allonge pas sous l'arbre mais grimpe dans les plus hautes branches, frôlée par les insectes dévolus au miel. Elles se souviennent de moi et du jour où je regardais la fille à la robe blanche.
Elles s'approchent encore et se posent, sur mes épaules, mes cheveux, mes joues elles se posent, je suis bien vite recouverte d'ailes vibrionnantes et rendue muette par leur bourdonnement
incessant, recouverte de petite fourrure d'or et noirceur, parcourue de pattes qui s'agrippent. Peu à peu, elles se rangent dans un ordre que je sens précis, une organisation de
coûturières les mène et je me sens bientôt comme portant une robe. C'est une étoffe mouvante qui m'entoure, un mouvement de jupes foisonnantes autour de mes cuisses, un corsage étroit moiré de
chaleur animale.
Descendue de l'arbre devenu silencieux, je marche bourdonnante et comme portée par mes compagnes de vêture, je me sens sucrée du miel qui me vient et prête à l'offrir à celui qui le désire. Je
préfère ma robe brune forestière à la robe si blanche de qui m'ignore.
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Publié dans : Eté 2009
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Mercredi 29 avril 2009
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2009
22:59
On admet assez facilement, ou du moins on se résigne à reconnaître, que le développement se réduit à la croissance du bien-être (terme éminemment hypocrite pour
désigner le bien-avoir) ou, tout au moins, que cette croissance en constitue une dimension incontournable. On est plus réticent à la transposition de
la formule en ce qui concerne le progrès. Soyons sérieux. Peut-on soutenir la thèse d'un progrès de l'homme et de l'humanité ? Progrès moral ? progrès intellectuel ? progrès des mœurs ?
Avons-nous dépassé la conscience morale du Bouddha ou de Socrate ? l'intelligence de Platon ? le rafiinement de la Chine ancienne ? Difficile à soutenir. Progrès politique ou progrès social
peut-être ? La marche de l'humanité vers plus de liberté, d'égalité, de respect des uns pour les autres est rien moins qu'évidente. La démocratie moderne est-elle plus démocratique que les
démocraties anciennes ou les démocraties sauvages ? Y a t-il moins de dictature aujourd'hui qu'hier ? Peut-on affirmer qu'il y en aura moins demain ? Que reste-t-il du progrès social, en dehors
de l'accroissement du PNB par tête ? Progrès des sciences, des connaissances ? Incontestablement. Mais quel intérêt si le seul progrès de l'humanité consiste dans l'adjonction de nouveaux termes
à l'Encyclopedia Universalis ?
Extrait Serge Latouche : La Méga-machine. Raison technoscientifique, raison économique et mythe du progrès, éd. La Découverte /
MAUSS, 2004.
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Publié dans : Printemps 2009
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Mardi 28 avril 2009
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Publié dans : Printemps 2009
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Jeudi 23 avril 2009
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Publié dans : Printemps 2009
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Mercredi 1 avril 2009
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2009
11:54
Peinture de Hans Memling : La Vanité
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Publié dans : Printemps 2009
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