Mercredi 29 avril 2009

On admet assez facilement, ou du moins on se résigne à reconnaître, que le développement se réduit à la croissance du bien-être (terme éminemment hypocrite pour désigner le bien-avoir) ou, tout au moins, que cette croissance en constitue une dimension
incontournable. On est plus réticent à la transposition de la formule en ce qui concerne le progrès. Soyons sérieux. Peut-on soutenir la thèse d'un progrès de l'homme et de l'humanité ? Progrès moral ? progrès intellectuel ? progrès des mœurs ? Avons-nous dépassé la conscience morale du Bouddha ou de Socrate ? l'intelligence de Platon ? le rafiinement de la Chine ancienne ? Difficile à soutenir. Progrès politique ou progrès social peut-être ? La marche de l'humanité vers plus de liberté, d'égalité, de respect des uns pour les autres est rien moins qu'évidente. La démocratie moderne est-elle plus démocratique que les démocraties anciennes ou les démocraties sauvages ? Y a t-il moins de dictature aujourd'hui qu'hier ? Peut-on affirmer qu'il y en aura moins demain ? Que reste-t-il du progrès social, en dehors de l'accroissement du PNB par tête ? Progrès des sciences, des connaissances ? Incontestablement. Mais quel intérêt si le seul progrès de l'humanité consiste dans l'adjonction de nouveaux termes à l'Encyclopedia Universalis ?


Extrait Serge Latouche : La Méga-machine. Raison technoscientifique, raison économique et mythe du progrès, éd. La Découverte / MAUSS, 2004
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Mardi 28 avril 2009

Nous sommes allés trop loin.

Ceux qui veulent faire marche arrière auront été trop peu nombreux. Continuez, continuez donc à nous suicider, nous, nos enfants et tous les peuples qui ne demandaient rien. Attendons tous et voyons comment Gaïa secouera ses petits habitants pour se débarasser de ce qui la pique. Mon regret va à la beauté humaine, aux dieux et à mes pauvres descendants.















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J'espère que les enfants de mes enfants, si jamais ils ont envie d'en avoir, ne ressembleront pas à cet enfant conçu sous radioactivité nucléaire.

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Jeudi 23 avril 2009

Je suis en train de tomber en amour pour l'aquarelle, je l'explore doucement et elle ne cesse de m'apprendre de nouvelles choses.

Ma dernière aquarelle : Le regard de Miel

J'ai envie de halos de crayon graphite juste ennuagés de couleurs aquarellées ou de crayonnés plus précis et d'aquarelle minutieuse, j'espère pouvoir donner corps à mes rêves.
Je découvre aussi le travail d'artistes magnifiques comme Rima Staines et Jackie Morris. Entre autres choses, ils illustrent des livres de contes et des couvertures de romans comme ceux de Robin Hobb et une fois de plus je me dis que l'art est ici et beaucoup moins dans des palais comme ceux de Tokyo où, finalement, on est plus près de la masturbation cérébrale que de l'évidence sauvage de la beauté.
Il y a aussi bien sûr les images d'Edmond Dulac et d'Arthur Rackham, de Warwick Goble, moins connu peut-être, qui se sont emparées de mon cœur depuis longtemps déjà.

Voici un un beau site pour (re)découvrir Dulac et Rackham.

Quelques images...

Par Edmond Dulac :





Par Arthur Rackham :





Et une dernière image signée Warwick Goble :




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Mercredi 1 avril 2009


Peinture de Hans Memling : La Vanité

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Mardi 31 mars 2009


Peinture de Salomon Bray

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Lundi 30 mars 2009

C'est le printemps et j'ai envie d'alimenter mon ruisselet, alors comme je n'écris plus que rarement, je vais gonfler son petit cours d'images : peintures et dessins de mes artistes favoris, passés et présents, et aussi sans doute quelques images de mon cru (vraissemblablement des détails : pour les voir en entier il faudra aller sur mon site artistique).




Détail d'une peinture infernale de Hans Memling.

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Lundi 23 mars 2009




Elle est sans âge, petite comme ma main, blanche et dorée de peau, ses cheveux sont noirs, lourds et ondulés, ses yeux, noirs aussi, son visage étroit et roses ses joues.

Elle se nomme Mille-Pluies et lorsqu'elle est lasse de rester dans notre maison, elle nous quitte et nous l'ignorons. Nous ignorons son départ mais nous découvrons son cadeau de départ : un rêve au petit matin, un livre sur un banc,  un nuage en forme d'hippocampe ou un café meilleur que la veille. C'est elle qui fait pleuvoir les hommes lorsqu'ils font l'amour.

Dans nos maisons, la pièce qu'elle préfère c'est la chambre mais elle peut être là partout ailleurs à toute heure, invisible mais pourtant toute chair. Elle est devant les yeux des hommes quand ils pensent aux corps, elle est sur le corps des êtres qui s'accouplent et lorsque l'homme est droit de verge, c'est elle qui la tient ferme et dure.

Il lui faut de l'eau, beaucoup d'eau pure, du lait, des ruisseaux, des bouteilles pleines, des mamelles de vache et des lacs. Et si jamais la peur l'assaille, si elle pense un jour manquer de liquide, elle hésite à se montrer, à empoigner la tige mâle et à se tenir au bord des imaginations.

Mille-Pluies passe de maison en maison et il y a de moins en moins d'humidité et d'images. Elle se sent inquiète et souvent avec sa maîtresse rouge sombre elle évoque l'eau qui se tarit et se trouble, mais la déesse ne semble pas inquiète, elle lui dit qu'il n'y a pas de mal, que cette eau qui passe de corps en corps se lavera à l'absence des corps humains, dans les cupules de roches et le creux des grottes. La maîtresse lui dit qu'elle n'aura alors plus qu'à empoigner les verges dures du calcaire de la terre.

Soit, mais c'est que Mille-Pluies les aime, ses hommes chauds.

Quelques siècles ont passé. Le petit jour est là et Mille-Pluies sort de la maison la gorge sèche et les mains fatiguées d'avoir tant tiraillé le pauvre homme. Elle marche de son tout petit pas feutré, mais ce ne sera pas elle qui empoignera le sexe de la terre. (Les créatures semi-invisibles, aussi précieuses soient-elles aux humains, sont finalement de génération et de disparition facile). Non, elle traverse cette route et alors passe un camion benne qui la fauche de ses roues gigantesques, la presse et l'écrase en un giclement rouge et minuscule.

Dans la maison, l'homme nauséeux appelle sa femelle : « Chérie, viens écouter, il y a un truc grave à la radio... »

Conte du printemps 2009, Cerdagne.

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Vendredi 25 avril 2008
Elle est toute ronde et pâle, ses yeux sont gris et bleus et bien sûr très en amande, elle sent le petit pain chaud et les herbes, elle est ravissante et drôle, tendre et moëlleuse, c'est notre petite fille qui a un peu plus de quatre mois...
En plus de tout ceci, elle a la bonne idée de me permettre de continuer à travailler. Confortablement installée près de moi ou dormante dans son écharpe, elle me laisse créer de nouvelles images et je n'aurais jamais cru pouvoir faire tout ça avec un bébé !
Je me remets au dessin, après une remise en cause de ma peinture... Je vais apprendre l'aquarelle (j'ai besoin d'une peinture plus légère, dans tous les sens du terme) et tenter d'approfondir ma pratique de la tablette graphique. J'ai une fringale de création et des envies picturales et graphiques à foison, les journées sont trop courtes.


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Jeudi 15 novembre 2007

Image-20.jpg


Lorsque je suis avec lui, je retrouve également le bonheur de pouvoir le regarder à la dérobée. Dérober... C'est un peu le mot juste car je me fais alors l'effet de tenter de le capturer discrètement de mes yeux, moment de jubilation teintée de frayeur à l'idée qu'il puisse me prendre sur le fait.
 

Si je marche à ses côtés dans le marché odorant de couleurs et de langues étranges offertes par Barbès à la provinciale que je suis, je garde la tête bien droite mais mes yeux parfois quittent les autres visages et le fixent et absorbent sa façon de réagir aux gens et faits qu'il croise, ce sont alors menus sourires, légère crispation en des endroits de délicat croisement, fuite loin en avant en quête de nouvelles couleurs, brume de petit rêve éveillé dans lequel lui viennent peut-être des mots pour ses poèmes...

 

Dans le métro, je varie le plaisir et alors j'observe le reflet dans la vitre, son fin profil bordé des boucles noires qui se confondent avec le sombre fond du ventre de Paris, je vois l'éclat de ses yeux au rythme des néons ; parfois il tourne vivement la tête vers moi et je sais comment lui faire penser que j'étais perdue dans le noir du tunnel.

 

Quand c'est lui qui vient explorer mon univers de forêts et rivières, je le laisse souvent  marcher devant moi sur le chemin trop menu pour supporter deux personnes de front et c'est alors la joie de pouvoir le regarder sans retenue. Je me repais des longues enjambées dont il a le secret, coulées et silencieuses, de ses épaules larges, de sa nuque et de ses cheveux au vent, fertiles des odeurs de ma terre, de ses mains aux poings souvent fermés dans lesquels je me vois parfois en imagination, toute petite et glissée nue dans l'odeur de ses paumes graminées, transportée au rythme de ses pas.

 
Je dérobe aussi un peu de lui pendant son sommeil mais ceci je le garde pour moi, ses cils et ses mains et son souffle...

(Mardi 29 juin 2004)

Aujourd'hui je porte notre enfantelet qui naîtra bientôt, Iris...

 


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