Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 21:18

 

Une œuvre d'art contemporain telle que valorisée en Europe est forcément gigantesque ou si elle ne l'est pas c'est qu'alors elle est encore plus laide. Le fin du fin étant bien entendu une géante horreur. Il y a là un plaisir de la hideur, une esthétique de l'irregardable gigantisme.


Broder éternellement sur la question du beau dans l'art me semble vain tant que c'est la laideur qui est censée "faire sens". La France, l'Allemagne ou encore l'Italie sont en ce domaine des pays particulièrement désuets en matière d'art contemporain, alors qu'ailleurs dans le monde on peut voir se côtoyer art conceptuel intelligent et illustration vive, ces trois pays-là en sont encore aux vieilles lunes : sculptures monumentales en forme de tas de presque crottes, toiles émaillées de lignes se voulant fulgurantes, tachisme de rideau de bain... C'est amusant et "nouveau" un certain temps mais au bout de quelques décennies c'est fatigant, stérile et hors sujet, pitoyable et même un peu attendrissant. Les dinosaures produisant ces inepties n'en reviennent pas eux-mêmes d'être encore portés aux nues ainsi. Rome, Paris, Venise, Milan abritent ainsi ces  hideuses imbécilités imbues d'elles-mêmes, juste nourries et légitimées par un discours tout aussi vain.

 

Justement, le vain, le vide, parlons-en... Ce sont deux des thèmes de prédilection dans la logorrhée qui immanquablement accompagne les œuvres de cet art maintenant dépassé. Soyons clairs, je ne pense pas que le progrès dans l'art soit un enjeu indispensable à sa course dans le temps. La recherche artistique n'est pas comparable à celle de la science médicale et je ne vois pas en quoi le fait de ne se mettre qu'à gribouiller pour ne pas avoir l'air de peindre serait un progrès pour l'homme. L'art en mode brouillon assumé est un passionnant moyen d'expression supplémentaire qui manquait  auparavant aux artistes mais il est inquiétant de voir qu'il est devenu un dogme, une exigence et un snobisme.

 

J'ai l'impression que plus les "œuvres d'art" sont indigentes plus les mots qui se déversent autour d'elles et sur elles sont nombreux, comme pour les soutenir et les étayer de pompeux arcs-boutants. Malheureusement ce sont des arcs-boutants d'air qui soulignent cruellement la légèreté voire l'inexistence artistique de ces débris d'atelier. On pourrait presque lire des critiques et des catalogues d'exposition indifféremment rapportés à n'importe qu'elle exposition, les interchanger ou les mêler, on n'y verrait que du feu. Les pluriels grandiloquents explosent, l'hystérie universitaire joue à plein, se mêlant même parfois de poésie, presque toujours de psychanalyse de fast food. Lacan, Deleuze, Artaud, Freud et consorts sont convoqués dans ces mixtures de petite cuisine pour faire des moulinets à tour de bras, hacher menus le sens de l'art et de ses œuvres. Ainsi le "rythme(s)" est toujours plusieurs (vous remarquerez cette tendance à mettre des "s" derrière chaque mot générique, ça donne une impression d'infinitude et de grandeur qui doit plaire), la constellation est omniprésente, le mouvement(s) est celui de la danse de Saint-Gui, le Corpus Doloris humain sans cesse remâché et régurgité, l'exterieur et l'intérieur toujours présents, le vide et le plein invariablement évoqués. L'universel est systématiquement invoqué, la matière et le spirituel sont des gri-gri (avec une préférence pour la matière immatérielle et désincarnée), ces pauvres vieilles divinités greco-latines - qui doivent se demander ce que diable elles viennent faire là - sont maintenant remises en selle par des gens trop intelligents pour leur accorder en dehors de leurs mots un quelconque respect. Chair, absence, tension, signifiant et signifié, fulgurance, faire sens, objet, sujet...

 

Les gens de culture moyenne sont impressionnés, ils sont assez cultivés pour l'être mais pas assez pour croire qu'ils sont capables de bien comprendre. Les intellectuels sont excités à la perspective des migraines qu'ils vont pouvoir retirer d'une séance masturbatoire hygiénique. Le peuple passe à côté de ces exercices en short fluo et casquette Mickey.


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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 10:32

 

Ou essayez d'arrêter ceux qui tentent de saper ce qu'il nous reste de liberté...

Une pétition en ligne contre la proposition de loi du sénateur Masson.


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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 15:38

Je suis encore fascinée par la réflexion entendue ce matin : "Toi qui ne travailles pas..."

Bigre, diantre et nom d'une petite pipe en bois, me dis-je, cette personne sait pourtant que tu es ce qu'on appelle une "artiste peintre". Certes, mais lorsqu'on a dit ça, c'est comme si on n'avait rien dit pour la frange la plus importante de notre société. On a l'impression qu'il faut se trouver dans des milieux plus cultivés ou de professions libérales où les gens savent qu'on peut aussi travailler chez soi en freelance pour que cette profession ne passe pas pour nulle et non avenue.


Donc une petite mise au point :

Non, je ne prends pas chaque jour ma voiture à 8h15 pour aller sur mon lieu de travail, ni le métro, ni le RER, ni mon jet privé.
Non je ne reçois pas de feuille de salaire, non je ne brasse pas chaque jour d'importantes liasses de paperasses, non je n'ai pas de collègues de travail avec qui prendre un café devant le distributeur, non je ne rentre pas le soir chez moi contente d'en avoir fini, non je n'attends pas la retraite avec la hâte d'en avoir terminé ou au contraire la peur de ne pas savoir quoi faire de mon temps parce que je ne suis que mon boulot. Non je ne reçois pas chaque année le total tout calculé des sommes à déclarer aux services des impôts, non je ne dois pas me dépêcher pour aller chercher mes enfants à l'école à l'autre bout du périphérique, non je n'ai pas à supporter ou à adorer un chef de service ou un patron qui pue du bec/fleure bon la compétence bonhomme
, non je n'ai pas de salaire qui tombe chaque mois immuablementnon je ne mange pas à la cafétéria et n'ai pas de ticket-restaurant, non je n'ai pas d'emploi du temps, non je ne pointe pas, non je n'ai pas à me dépécher de me préparer le matin pour ne pas être en retard, non je n'ai pas à signer de papier pour obtenir 1 sylo bille noir au bureau, non je ne ressors pas éreintée le soir de l'usine ou de mon guichet...

Mais oui je me lève le matin en pensant à ma table de travail.
Oui je paye mes cotisations à la Maison des Artistes et mes autres prélèvements sociaux, oui je regarde ma montre, oui je suis parfois en retard pour expédier un paquet, oui je fais mes déclarations de revenus, oui j'ai des collègues de travail, oui je dois parfois me dépêcher pour avoir terminé de préparer le repas entre deux tâches administratives, oui je m'habille parfois avec un soin particulier pour voir un galeriste, oui je dois penser à renouveler mon stock de fournitures
, oui j'ai peur parfois de ne pas être à la hauteur, oui je tente d'améliorer mon anglais, mon espagnol et mon italien, oui j'ai un téléphone, un ordinateur et une imprimante, oui il m'arrive d'avoir mal aux mains après un travail particulièrement détaillé, oui il m'arrive d'avoir affaire à un élève qui pue du bec, oui je remplis des factures et j'envoie des bordereaux pro-format, oui je surveille les divers fuseaux-horaires mondiaux, oui je jongle avec les conversions de devises, oui je me demande à chaque début de mois s'il va être fructueux ou malingre, oui il peut m'arriver de travailler le dimanche ou jusqu'à deux heures du matin...



En un mot comme en dix, je n'ai jamais demandé que les gens se persuadent que je trime comme une esclave mais simplement j'aimerais que le doute ne plane plus : je travaille bien, oui merci ! Je ne souffre pas mais je travaille ! Mon travail est gratifiant, passionnant, enrichissant, ce n'est pas un hobby. Je pense l'exercer autant de temps que mes mains et ma créativité me le permettront, sans doute beaucoup plus tard que la plupart de ceux qui prenent leur retraite à 55 ou 60 ans. J'ai bien sûr l'immense chance d'avoir un homme qui m'a acceptée artiste, je sais bien que c'est pour moi une aubaine mais c'est surtout un état de fait, ma personne entière est là. Si on ne le prend pas en compte, on ne me connait pas. Les périodes où ma famille a besoin de plus, il peut m'arriver de faire des travaux plus ordinaires mais quand les goûts d'une famille ne sont pas grosses maisons-meringues, piscines, voyages parce qu'on n'a ni imagination ni goût pour la lecture, canapés en cuir et écrans plasma, que voulez-vous, le bonheur est simple ! Je ne vais pas m'auto-flageller pour faire plaisir à ceux que ça embête de ne pas nous voir plus conformistes.

Je veux de l'amour, de la création, de l'imagination, de la nonchalance, de la rêverie, des images, du partage avec des gens fantasques et imaginatifs, des livres, une petite maison douillette avec de beaux objets rares, de la féminité et mon homme à aimer follement, des enfants dont je profite, du temps,  juste assez d'argent pour pouvoir parfois m'acheter quelques œuvres de collègues artistes, pourquoi pas un potager, du temps pour écrire, pour penser, pour ne penser à rien, pour manger et cuisiner, si j'ai de la chance, une vieillesse pour travailler encore un peu mes créations et pour voir venir la fin.  Pour penser, penser, vivre ma vie de mammifère, voir et faire des images et jouir de la vie matérielle.

C'est une question d'idéologie : ceux que ça embête, de savoir des gens heureux comme ça,  vous, presque incultes ou bien trop spirituels, restez donc dans votre programme de prêts et carrière, de retraites et études sans aucun autre sens que celui de la cuistrerie
ou de l'auto-illusion. Ma vie actuelle m'apporte déjà tout ça, j'ai 38 ans et si je meurs demain je n'aurai rien à regretter, juste à tout revoir défiler avec joie.

Je ne vais pas demander pardon au dieu de l'économie ni à personne parce que je suis heureuse, parce que je n'exerce pas n'importe quel métier au hasard pour survivre ou pour briller en société.
Je dis juste merci à ceux qui savent quels rôle ils ont joué dans ma vie d'artiste et de femme.

L'esprit cerf Cendrine Rovini
L'esprit cerf  © Cendrine Rovini 2010

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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 20:50


donigan-cumming-nettie-harris

Photo signée Donigan Cumming


Un merveilleux texte écrit par mon compagnon Michaël. Merveilleux de beauté et de sens... Lorsque je serai rendue à la vieillesse, je le lirai pour me consoler de la perte de mon corps de jeunesse et pour mieux sentir mon âme galopant sur mon paysage personnel.

Ils sont un peu absents. Ils sont en hiver, un peu morts avec une vie qui ne se voit pas beaucoup, ils sont dans le rêve. Ce sont des arbres nus, des fruits desséchés, des pommes de terre ratatinées aux germes bizarres. Ils sont autre chose, tout à fait autre chose, des créatures de toujours qui n'ont guère de rapport avec ce qu'elles étaient des années plus tôt.

On ne devient pas vieux, pas plus qu'on ne devient mort. Un jour on se réveille vieux, on est né à la vieillesse. Le moi d'alors n'est plus qu'une caricature, une coquille vide et désertée. La créature continue à dire "je", se raccroche à quelques souvenirs, mais ça sonne faux, car le vieux est autant impersonnel qu'il est intemporel. Ce n'est plus une personne mais un caractère, ce n'est plus un homme ni une femme, c'est un paysage.

Crevasses, ornières, broussailles, nids de poule, épines, flaques d'eau trouble, sources taries, gravillons, champignons, petite brume. C'est un paysage.

Etre vieux, vraiment vieux, c'est se défaire de ses nuances, de ses couleurs, ne garder de son être qu'une écorce racornie, grossière et fragile, c'est se faire paysage pour que l'âme le contemple. Le regard du vieux est souvent contemplatif, son âme n'est déjà plus en lui, il n'abrite plus rien, son âme est déjà dehors mais tout près encore : elle est sur lui, dans le paysage, elle marche pensivement dans les sillons de ses rides, elle vagabonde, elle fait des haltes dans les méandres des mains, se fait une couche dans la paille des sourcils, se drape d'un pli de la peau. Elle est amoureuse de cette contrée et l'arpente fébrilement, car elle sait qu'un paysage ne dure pas.

John-Moore.jpg Photo signée John Moore



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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 17:13

Détail d'une peinture de Jan Van Scorel


Hutte douce mes cheveux en fraîcheur de soleil pour ta peau chaude d'ombres,
charmes et noisetiers mes arbres agrippés à tes mains qui montent,
nappe lente de miel salé la douce boisson de toi pour la défaite de mes hanches,
et mes cendres plongées en moites luttes  
font des mots venus de profondeurs pour toi mon amour...

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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 17:30

Une douceur tiède sous les pieds, un rouge sang sombre comme de velours autour de moi et une luisance pâle plus loin au sol, ce sont les premières images de mon rêve.

Je marche lentement vers cette nappe blanche qui s'étend devant moi, c'est seulement lorsque j'arrive à son bord que je m'aperçois que c'est un lac opalin de liquide opaque.
Je m'avance doucement et c'est une lente descente, un abandon de mon corps à cette chaude blancheur, je suis toute droite et plongée jusqu'au cou dans ce qui semble du lait, je sens à peine le fond glissant sous la pointe de mes pieds. Ma bouche est à présent près de la surface et j'en goûte la saveur. D'abord je donne juste un petit coup de langue comme font les chats puis je lappe et enfin je bois de longues gorgées de ce lait. Il est un peu sucré mais parfois silloné de courants salés, il est riche, épais, savoureux et nourrissant.
Un mouvement venant des tréfonds du lac vient doucement balancer mon corps,  une présence au fond du lac fait ondoyer tout le liquide par de lentes saccades, je reste longtemps ainsi bercée par le lait.
Lorsque je sors du lac et qu'il ruisselle en dernière caresse sur moi, je me sens nimbée de blancheur, suavement prise dans l'onctuosité de lait et de crème, je suis comme prise dans une nacre mouvante et fertile.

Mes mains en lent glissement sur ma peau humide me disent lisse et luisante toute environnée de cette richesse, minuscule corps blanc bosselé dans cette caverne de velours carminé. Je suis une perle sortie d'un coquillage de lait et sertie dans le corps rêvé d'une vivante idole.

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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 13:44

 

 

Un texte merveilleux écrit pour moi par Triplex Nomine...


J'ai d'abord parlé en fureur à une autre femme et à son poignard, mais c'était avant de laisser partir la mort en moi, car ensuite j'ai fui dans le jardin et le poème n'a été ni pensé ni imaginé, le poème était moi devenu partie du jardin.

 

Alors j'ai parlé de son corps et de chaque lieu de son corps, et j'ai parlé aux arbres, à l'écorce et à la feuille, j'ai parlé au fruit naissant, au brin d'herbe, au noir de la nuit entre les étoiles et j'ai parlé aux étoiles, j'ai parlé à la lune en initiale de son nom, à l'air frais et à la discrète buée de mon souffle dans l'air, j'ai parlé aux plants du potager et aux plantes confuses pour moi qui ignore leur nom, j'ai parlé à la rosée, à l'humidité de la terre et à la terre humide, j'ai parlé aux fleurs qu'on ne voit pas dans la nuit, j'ai parlé au chat indistinct, aux insectes inaperçus, à la flamme d'une bougie vite consumée, j'ai parlé à la froideur de la nuit sur ma peau et aux frissons qui me parcouraient, j'ai parlé à la danse qui m'a tournoyé et à ma chute dans un cri, j'ai parlé au vertige qui vrillait le paysage et au sol qui venait de recevoir mon corps étendu, j'ai parlé aux racines pour qu'elles poussent vers elle le sang de mes mots :

 

Dites à Cendrine qu'elle est aimée de Michaël, dites à Cendrine qu'elle est l'aimée de Michaël


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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 22:59

On admet assez facilement, ou du moins on se résigne à reconnaître, que le développement se réduit à la croissance du bien-être (terme éminemment hypocrite pour désigner le bien-avoir) ou, tout au moins, que cette croissance en constitue une dimension
incontournable. On est plus réticent à la transposition de la formule en ce qui concerne le progrès. Soyons sérieux. Peut-on soutenir la thèse d'un progrès de l'homme et de l'humanité ? Progrès moral ? progrès intellectuel ? progrès des mœurs ? Avons-nous dépassé la conscience morale du Bouddha ou de Socrate ? l'intelligence de Platon ? le rafiinement de la Chine ancienne ? Difficile à soutenir. Progrès politique ou progrès social peut-être ? La marche de l'humanité vers plus de liberté, d'égalité, de respect des uns pour les autres est rien moins qu'évidente. La démocratie moderne est-elle plus démocratique que les démocraties anciennes ou les démocraties sauvages ? Y a t-il moins de dictature aujourd'hui qu'hier ? Peut-on affirmer qu'il y en aura moins demain ? Que reste-t-il du progrès social, en dehors de l'accroissement du PNB par tête ? Progrès des sciences, des connaissances ? Incontestablement. Mais quel intérêt si le seul progrès de l'humanité consiste dans l'adjonction de nouveaux termes à l'Encyclopedia Universalis ?


Extrait Serge Latouche : La Méga-machine. Raison technoscientifique, raison économique et mythe du progrès, éd. La Découverte / MAUSS, 2004
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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 11:10

Nous sommes allés trop loin.

Ceux qui veulent faire marche arrière auront été trop peu nombreux. Continuez, continuez donc à nous suicider, nous, nos enfants et tous les peuples qui ne demandaient rien. Attendons tous et voyons comment Gaïa secouera ses petits habitants pour se débarasser de ce qui la pique. Mon regret va à la beauté humaine, aux dieux et à mes pauvres descendants.















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J'espère que les enfants de mes enfants, si jamais ils ont envie d'en avoir, ne ressembleront pas à cet enfant conçu sous radioactivité nucléaire.

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