Iris m'accueille en son territoire, c'est à dire que l'homme que j'aime, Léonard mon garçonnet, Micaro et moi-même, nous partons et nous installons en Cerdagne française, les articles déjà bien espacés se feront donc plus rares les quelques prochaines semaines...
A bientôt !
par Llunet
publié dans :
Eté 2006
4
Petit exercice : contempler une image intérieure (attention, cette expression d"'image intérieure" doit déjà avoir fait tressaillir certains curetons à la sauce Charlie Hebdo).
Je pense que pour les handicapés de l'imagination ça va demander un gros effort mais comme pour ma part je crois au pouvoir immense des images et que je ne veux pas l'infliger brute aux âmes sensibles, je ne livrerai pas cette image-là toute faite mais je la décrirai.
Dans le bureau d'un maire quelconque d'une quelconque commune de France et sous le regard photographique du président de la République, le buste de Marianne tend sa bouche en cul de poule vers le sexe turgescent du seigneur des lieux.
Je crois qu'en matière de riposte, si ces dangereux abrutis d'islamistes intégristes, au lieu d'aller ignoblement attaquer des ambassades, avaient eu l'idée de caricaturer ainsi la déesse de la Raison, incarnée en France par Marianne, cela aurait au moins eu le mérite de resituer le débat à sa place véritable : celle de la religion (car mine de rien, ces histoires de terrorisme sont toujours ramenées à des salmigondis socio-économiques...)
Cela aurait aussi constitué une chance de voir les intellectuels français, (ou ce qui en tient lieu) indignés et soi-disant sans dieu, se constituer en parfaite et symétrique réponse religieuse : "On touche à Marianne, à ce "symbole fort" !", je dirais pour ma part, on touche à ce cache-sexe d'un monothéisme d'autant plus forcené qu'il s'exerce au corps défendant de ses propres prêtres et ouailles.
J'imagine avec délices les cris de bête forcée qu'auraient poussé ces ayatollahs de l'athéisme éclairé tout auréolés des sacro-saintes Valeurs Universelles dont ils se gargarisent à longueur de temps dans le plus profond mépris des "croyances" de peuples forcément inférieurs puisque non oints du Saint-Chrême des Lumières.
Je suis à peine étonnée de voir, ces dernières semaines, où vont se nicher les dieux en mal de guerre à force d'être ignorés ou réduits à des Unités rationnelles détestables et masculines, ces dieux si présents, au nez et à la barbe des rationnalistes de tout poil... On dirait que ça demande un effort d'analyse, de culture et de curiosité trop poussé pour certains que de reconnaître que les émeutes des mois d'octobre et novembre derniers relèvent aussi et surtout de problèmes liés à la religion, qu'il y a une grande violence à vouloir à tout prix désintégrer les gens en les intégrant en bloc et en leur faisant honte lorsqu'ils évoquent leurs déités.
Lire Tobie Nathan ou James Hillman ou même Michel Cazenave et C.G.Jung, bon sang, ça ne devrait pas être si compliqué, bordel de dieux !
par Llunet
publié dans :
Hiver 2006
8
Chose rare, j'ai ce soir regardé la télé et j'ai même poussé jusqu'à Campus, émission culturelle présentée par Guillaume Durand.
Je retiens deux trois choses qui m'obligent à quitter derechef mon canapé et à venir ici les consigner sur mon blog avant qu'elles ne se perdent :
- Christine Angot parlant d'un bouquin qu'elle a aimé : ce livre est un "truc très très très très fort, quand même...".
- Christine Angot s'indignant de la tentative de destruction de l'urinoir de Marcel Duchamp : Marcel voulait "transfigurer pour nous tous" les objets les plus quotidiens.
- Le Palais de Tokyo présenté comme un "lieu de vie" et un rendez-vous de l'art et de l' "interaction" artistique.
Ce qui nous fait en tout et pour tout au moins quatre démonstrations de la nullité de la pensée française officielle. Au rayon livres : indigence de la réflexion et incapacité à s'exprimer de façon cohérente et rigoureuse malgré une morgue immense. Au rayon art : démence sénile, gâtisme et anosognosie et leurs légions de répétitions et manies tremblotantes. Tout ceci sous le regard délicieusement ironique et serein d'Edouard Baer...
par Llunet
publié dans :
Hiver 2006
6