Lundi 7 mars 2005

Voilà le superbe texte déposé récemment par un de mes visiteurs en guise de commentaire, il est hermétique en diable, bouillonnant d'inventions et de beauté sombre.

Voici ce que trois petits… poor moi Tu as dit l'intimité publique © Tu as dit que ton souffle, ta respiration de dragon, qui a un peu chaud seulement, est cuisant, tu as dit "je suis ta comburation", tu as dit que je brûle de soif de Toi, tu as dit que la douceur c'est Toi pour Moi, tu as dit que je n'avais pas voie à ton intimité quand c'est Elle que je cherche à rejoindre sans effraction et que je t'offre toujours plus la mienne intime, tu as dit que cette idée de chercher la féminité en l'homme était tordue, que j’avais tort et qu'il vaudrait mieux que je la trouve en moi ou que je la laisse s'exprimer tout simplement et plus souvent, tu as dit que j'avais peur, tu as dit que je suis lâche, tu as dit que je n'étais pas une femme mais une enfant de dix ans ou moins, tu as sous-entendu qu’un Soleil de ma vie (la Ja) était sans bruit comme Toi, tu t'es trompé(e), tu as dit que ta respiration de dragon était silencieuse, ainsi tu as parlé béofinois, tu m'as dit "je te désire", tu m'as dit "tu me désires", tu m'as invitée sur le solfa, tu m'as dit ouvre-toi, tu m'as dit "je vais m'ouvrir", tu m'as dit que pour entrer en toi il me fallait être à la fois maigre et ronde, tu m'as dit j'ai un peu chaud, tu m'as dit "nous allons mourir"… Tout, ce que tu m'as dit est vérité-mensonge-vérité, élégance, volupté, luxe, calme et j'ai entendu, j'entends par-dessus les silences autre chose aussi, ce que je suis infra, ultra, intra, para : mon alchemia. Ce que tu es promesse alchimique. Ce que Nous sommes. p o é s i e Et je te redis en douceur béofinoise : beaUte, U ! et je te dis pour la voir autrement que ta féminité n'est pas la mienne qui m'attire et je dis encore puisque je sais et te reconnais, puisque cela s'est passé : * aVe ^ Comme en terre : c'est ce soir la pleine lune,


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Mardi 1 mars 2005

La nuit dernière j'ai mangé en rêve un gâteau noir. J'assistais d'abord à sa préparation et je me souvenais parfaitement, au réveil, de tous ses ingrédients. Ils étaient successivement déposés sur l'herbe près de moi et accomodés par d'invisibles pâtissiers.

C'était d'abord une ruche dorée brasillante ailée qui apportait du miel donné par la sombre chevelure-fleur de celui que j'aime.

Puis un myrobolan ivre sur ses racines qui, à petits pas pressés, venait me faire l'offrande d'une portée de tambourinantes baies rouge sombre.

Ensuite ce fut un serpent cornu qui laissa tomber une pierre d'airain et, la frappant de sa queue au moment de partir, la réduisit en noire farine.

A sa suite venait une femme-fumée qui se pencha sur la petite pyramide d'aliments pour l'asperger d'un jet de lait noir de son sein pressé.

Puis il y eut la ribambelle des petites bouchées galopantes : la pulpe de chacun des dix doigts de mon bien-aimé ; ces tendres chairs bondissaient et se mélangeaient à la pyramide à la façon des fruits confits.

Enfin le Ciel fit couler une abondante Eau de Nuées qui d'abord cribla de minuscules creux précis la pyramide puis l'émoussa doucement et l'arrondit et la fondit et la changea en sphère tendre de pâte noire crue.

Dans mon rêve, je m'endormais peu après sous la chaleur cuisante du Soleil et m'éveillais dans la blancheur sombre de la Lune. Je découvrais alors posé près de moi dans son nid herbeux un gâteau éblouissant de mélange. Il était blanc pur mais pas seulement, il était à la fois lunaire et solaire, fait de racines embrouillées, de Terre et de vers, mais aussi de reflets, de chaleur, d'air, de bulles et de fumées à respirer, de sombre sang et du désir d'être mangé. Je l'avais vu si noir et le savais si blanc que je le dévorai tout entier et qu'il m'offrit à mon réveil des joues toutes rouges du plaisir d'avoir si bien mangé.

 


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Dimanche 27 février 2005

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Mercredi 16 février 2005

...

              

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Lundi 14 février 2005

Tels dits pareils à des caresses

Et la gracieuse de l'écouter en grâce.

La belle Turque, pouliche sauvage, le vit

Et consentit qu'approchât son Cyprès

Tout parfumé de lys.

Le Rossignol alors trôna sur le Bouton de Rose

Qu'il fissura ; s'éploya ; le Rossignol s'énivra.

La Perruche y vit l'offrande de sucre

Et s'y posa,

L'épandit sans plus y craindre guêpes.

Jeta-t-il son Poisson dans le Bassin,

Mais aussi sa Datte en Bol de Lait,

Si doux et crémeux que s'en émerveilla

D'y confire et confier le Fruit de son Dattier.

 

Extrait du Récit de la Princesse de Byzance sous le pavillon jaune du Soleil, Le Pavillon des Sept Princesses, Nezâmi, 1197.


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Jeudi 10 février 2005

Mon homme aux yeux de soleil gris et bleu

mon aimé à la main fineforte

mon homme aux cheveux humides de torrent noir.

Mon aimé du rocher de la sorcière, de la rue herbue et du moulin nocturne, de la vigne pentue, du basilic demandé et de la librairie labyrinthe aux poutres vermoulues.

Mon homme au regard constellé de luth et théorbe

mon aimé aux oreilles de notes terre et ciel, la plus basse et la plus haute

mon homme à la nuque chaude de sommeil.

Mon aimé du fou-rire penché à la fenêtre, du placard Notre-Dame et de la valise tirée, du jardin sauvage, de la pluie de nuit et de la limace sur le parapet.

Mon homme à la main tremblante à l'approche du cercle près de la fontaine

mon aimé à l'ancien geste rageur devant les maîtres voituriers

mon homme à la main qui presse au hasard des rues

et mon aimé aux lèvres douces qui goûtent ici et là

et mes lèvres qui maintenant le cherchent en orage

et ses mains qui écrivent en ailes de son esprit.


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Lundi 24 janvier 2005

      

Constitution des corps: élements et humeurs. (Enluminure du manuscrit de Barthélemy L'Anglais, Le Livre des Propriétés des choses, France, XVe s.)  

 

Ici le ciel a mille cë, l'amical miel me lace mi-cime mi-lac. La laie m'helicë, le mica m'aime, la limace mime l'aile-calame, le cil lime le mal, le calicë ami m'aile...


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Mardi 18 janvier 2005

Pendant trois semaines il me faut être une flèche reposant vibrante dans cet arbre à carquois. Je dois être nocturne dans mon creux végétal, rapide et légère, acérée et prête à bondir, fuselée et nerveuse mais satinée et rose empennée pour le jour de son arrivée. Sur sa poitrine je serai décochée souple mais en fureur de l'attente, douce et pointue contre mon ennemi.


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Mardi 21 décembre 2004

Parabole

 

Etrange oiseau

 

Les rêveurs


par Llunet publié dans : Automne 2004 ajouter un commentaire commentaires (0)   
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