Si vous voulez en savoir un peu plus sur le fond de ma pensée, il y a ici un article par Anne-Sophie, la créatrice de la barre d'Ecolo-Info,
entre autres nombreuses activités...
J'ajoute simplement une chose : je me retrouve moins dans l'idée de développement durable que dans celle de la décroissance. Serge Latouche parle dans son livre Survivre au développement de l'histoire des pays du Sud comme rompue "par la colonisation, l'impérialisme et le
néo-impérialisme militaire, politique, économique et culturel". J'ai envie d'ajouter : par le christianisme et son culte du Un. Je souhaite donc la décroissance de l'économie pour
l'économie et j'appelle de mes vœux la croissance du nombre de nos dieux.
Encore une chose, pour rassurer ceux qui auraient la tentation de classifier l'objection de croissance parmi d'obscures sectes spiritualistes et illuminées (ça s'est déjà lu !), voici une citation magnifique de Kate Soper :
«Ceux qui plaident pour une consommation moins matérialiste sont souvent présentés comme des ascètes puritains qui cherchent à donner une orientation
plus spirituelle aux besoins et aux plaisirs. Mais cette vision est à différents égards trompeuse. On pourrait dire que la consommation moderne ne s'intéresse pas suffisamment aux plaisirs de la
chair, n'est pas assez concernée par l'expérience sensorielle, est trop obsédée par toute une série de produits qui filtrent les gratifications sensorielles et érotiques et nous en éloignent. Une
bonne partie des biens qui sont considérés comme essentiels pour un niveau de vie élevé sont plus anesthésiants que favorables à l'expérience sensuelle, plus avares que généreux en matière de
convivialité, de relations de bon voisinage, de vie non stressée, de silence, d'odeur et de beauté... Une consommation écologique n'impliquerait ni une réduction du niveau de vie, ni une
conversion de masse vers l'extra-mondanité, mais bien plutôt une conception différente du niveau de vie lui-même» (Ecologie, nature et responsabilité. Revue du MAUSS n° 17 premier semestre
2001, p. 85.)
Le matérialisme n'est pas forcément désenchanté.
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