Eté 2005

Dimanche 31 juillet 2005 7 31 /07 /Juil /2005 00:00

© Cendrine Rovini

Le 15 juillet 2003, j'écrivais :

Ses mots en farandole se tiennent par la main et forment sur moi des colliers innombrables. Je les connais par coeur, le joaillier n'en sait rien. Je les porte en pectoral, en talisman. Ils dardent leurs pointes effilées et les frissons qu'ils m'offrent sont des supplices délectables.

Le bijou s'allonge de jour en jour et s'enroule autour de moi en spirale, oeil de tigre, pierre de lune, obsidienne, opale, menus galets de secrets ruisseaux. Il grimpe en labyrinthes sinueux sur ma peau qui palpite.

Les joyaux s'insinuent dans ma chair, la marquent profondément et je serai bientôt immobile, les jambes prises dans le précieux filet. Je finirai empierrée vivante sous les délicieuses tortures de ses mots inestimables.

Je n'écris plus autant qu'il y a deux ans mais le joaillier est près de moi et me pare quotidiennement, je suis rutilante de bijoux lunaires et d'étoiles d'eau pulpeuse...

Par Llunet - Publié dans : Eté 2005
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Vendredi 1 juillet 2005 5 01 /07 /Juil /2005 00:00

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© Cendrine Rovini

Je marche dans une vaste prairie et je vois au loin un arbre seul, je m’en approche ; son tronc est blanc et lisse comme celui d’un bouleau mais torsadé et mouvementé, toujours plus fin vers la frondaison. Les feuilles en amande sont vert sombre et je grimpe vers ellles, je m’accroche au tronc et les nervures spiralées m’aident à l’ascension.
Dans le ramage, il y a de ronds fruits rouges luisants, ce sont des dizaines de menues bouches souriantes et ourlées et je dois toutes les manger, je me délecte d’un suc fluide et sucré, d’une chair suave et légère après la peau lustrée qui cède doucement sous la dent.
C’est lorsque j’ai terminé tous les petits fruits que le mouvement se fait sentir qui ne doit rien au vent. L’arbre s’ébranle et le sol tremble, il y a comme un gigantesque arrachement qui me transporte dans les airs dans des gerbes de terre. L’arbre galope et bondit. Je suis agrippée à la corne d’un animal blanc auparavant caché sous terre, c’est une licorne gigantesque qui me porte à toute allure. Je descends en prudente glissade vers la tête de la bête qui bientôt écume de sueur et je flaire son odeur de poils graminés, il y a là chèvre musquée, lustre de séborrhée animale, sucre brun et fleur de sel.
Lunicorne arrête enfin sa course devant un lac d’eaux sombres, elle s’étend et plonge sa corne dans le liquide qui devient d’argent lunaire. Elle reste là immobile couchée sur le côté et me laisse descendre à terre par sa barbiche caprine, ses yeux sont fermés mais je sais qu’elle me voit toute et je la salue en silence avant de m’éloigner.
Par Llunet - Publié dans : Eté 2005
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