Marcher droit devant
Oui, j'en avais tellement assez de ces paquets de boules de nerfs, de ces hypocrisies, de ses mesquineries et ces envies d'avoir l'approbation du monde entier, de ces regardages intenses du nombril, de cette inutilité webesque, de ces petites animosités abruties... que je suis partie sous la pluie vers un chemin de mes connaissances, un chemin très long, très droit, entouré de la forêt de Plumet, bordant le Cros d'Arène.
Je me suis arrêtée au début de la ligne droite, je l'ai fixée, jaugée et je suis partie, les yeux fermés, les cheveux mouillés sentant la graine d'oiseau, tête baissée, sans regarder, juste tout droit jusqu'à ce que quelque chose me dise que j'étais arrivée au bout de la ligne. Là, j'ai regardé à nouveau, j'ai respiré à fond et suis revenue tranquillement chez moi les yeux ouverts. Je crois que c'est une chose que je reproduirai quand le besoin s'en fera sentir. L'envie de ruer dans les brancarts a disparu, jusqu'à un prochain jour, elle a filé tout droit derrière mes omoplates, je la sens encore un peu à la base du cou, mais pas plus haut.
Un chemin, c'est magnifique, un chemin, c'est tellement un partage entre de l'humain et de la nature brute que c'en est bouleversant.