La Baume Grenas

Publié le par Llunet

Une nuit, une nuit, s'il me garde, je l'emmenerai dans la caverne Grenas, pas loin d'ici.

Je me ferai argile avec lui et nous entrerons doucement dans ce corps de dame colline, tout chauds, tout humides de pluie d'envie, colorés des reflets rouges de la lueur de petite flamme par nous portée là, pour mieux voir mais aussi pour se regarder englobés dans la chemise safranée de l'antre glissant, se mélangeant à elle, rouges comme elle, la Grenas. En son dedans, tout au fond, nous lui ferons l'amour, et elle sera encore plus glissante, puissante et mouvante pour nous, encore plus suave, chaude de lui et moi, salée d'eau de sel fertile pour que pousse là une secrète fleur blanche qui s'ajoutera aux offrandes des hommes qui, avant nous, lui avaient parlé, lui avaient demandé.

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Publié dans Automne 2003

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