Du mystère de la destruction
Le logo, là, à droite, au-dessus de celui du Pacte écologique, n'est pas là pour faire mignon, lui non plus. Il est là parce que je suis à la fois très inquiète et pleine d'espoir.
Discutant avec une personne qui voulait faire construire sa piscine et voulant lui faire valoir que ce n'était pas une bonne idée, écologiquement et humainement parlant, je me suis surprise à me sentir coupable, mère-la-morale et rabat-joie. Saper ainsi les bases de l'envie de consommer indignement paraissait tellement insupportable à la personne avec qui je discutais que lorsque je lui demandai si elle avait conscience qu'un jour ses arrières petits-enfants pouvaient crever de soif, elle me rétorqua sans presque rougir que finalement, elle ne serait plus là pour le voir et qu'après tout, là n'était pas l'important.
Le pire est que cette personne est sensible, d'ordinaire, non conductrice de ces saletés de 4X4, respectueuse de la nature lors de ses balades et donc je me demande ce que ça doit être chez ceux qui sont encore moins attentifs... J'ai ressenti cette réponse comme une gifle et depuis, je me dis qu'il n'y a que deux raisons à ce type d'attitude :
- soit les gens ne sont pas suffisamment informés de la gravité et de l'urgence de la situation et ils prennent leur temps.
- soit nos civilisations du dieu unique sont réellement gorgées du besoin de détruire, de faire disparaître avec elles la Terre fertile trop féminine et diverse.
Ce logo a été posé ici un soir où je pensais la première solution plus plausible.
Il est vrai que les raisons d'un tel suicide collectif peuvent aussi résider en un savant mélange des deux postulats, toujours est-il que je refuse que l'on veuille m'obliger à me sentir coupable d'aller à contre-courant d'un mouvement d'attaque-suicide, je refuse que les valeurs soient ainsi inversées.
Je n'ai pas l'argent nécessaire pour me payer tous ces trucs qui font rêver mon voisin mais je ne le voudrais plus (ça m'a d'ailleurs toujours laissée plutôt froide). Je suis heureuse. Mais j'ai peur de voir disparaître ce qui nous rend heureux : manger un sorbet au citron, caresser un enfant plein de santé, boire une eau glacée à la fontaine, dormir, faire l'amour, rouler dans l'herbe d'un pré ou d'un parc en ville, lire un bon livre. Je m'en tamponne que ça fasse cliché et bucolique et je ne me laisserai pas dicter de quoi je pourrai bien avoir besoin, ni par les industriels, ni par mon voisin.
Discutant avec une personne qui voulait faire construire sa piscine et voulant lui faire valoir que ce n'était pas une bonne idée, écologiquement et humainement parlant, je me suis surprise à me sentir coupable, mère-la-morale et rabat-joie. Saper ainsi les bases de l'envie de consommer indignement paraissait tellement insupportable à la personne avec qui je discutais que lorsque je lui demandai si elle avait conscience qu'un jour ses arrières petits-enfants pouvaient crever de soif, elle me rétorqua sans presque rougir que finalement, elle ne serait plus là pour le voir et qu'après tout, là n'était pas l'important.
Le pire est que cette personne est sensible, d'ordinaire, non conductrice de ces saletés de 4X4, respectueuse de la nature lors de ses balades et donc je me demande ce que ça doit être chez ceux qui sont encore moins attentifs... J'ai ressenti cette réponse comme une gifle et depuis, je me dis qu'il n'y a que deux raisons à ce type d'attitude :
- soit les gens ne sont pas suffisamment informés de la gravité et de l'urgence de la situation et ils prennent leur temps.
- soit nos civilisations du dieu unique sont réellement gorgées du besoin de détruire, de faire disparaître avec elles la Terre fertile trop féminine et diverse.
Ce logo a été posé ici un soir où je pensais la première solution plus plausible.
Il est vrai que les raisons d'un tel suicide collectif peuvent aussi résider en un savant mélange des deux postulats, toujours est-il que je refuse que l'on veuille m'obliger à me sentir coupable d'aller à contre-courant d'un mouvement d'attaque-suicide, je refuse que les valeurs soient ainsi inversées.
Je n'ai pas l'argent nécessaire pour me payer tous ces trucs qui font rêver mon voisin mais je ne le voudrais plus (ça m'a d'ailleurs toujours laissée plutôt froide). Je suis heureuse. Mais j'ai peur de voir disparaître ce qui nous rend heureux : manger un sorbet au citron, caresser un enfant plein de santé, boire une eau glacée à la fontaine, dormir, faire l'amour, rouler dans l'herbe d'un pré ou d'un parc en ville, lire un bon livre. Je m'en tamponne que ça fasse cliché et bucolique et je ne me laisserai pas dicter de quoi je pourrai bien avoir besoin, ni par les industriels, ni par mon voisin.
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