Poèmes et petits papiers

Publié le par Llunet

J'émerge de mon atelier, le temps de mettre en ligne quelques petites nouvelles.

J'ai à présent presque trouvé mon rythme et me voilà bien installée dans mon nouveau domaine. J'y dors, j'y travaille, j'y lis et y mangerais presque ! Bien sûr, des détails d'ordre décoratif sont encore à revoir mais j'ai la chance d'être entourée de "vieilles pierres", selon la formule consacrée, ce qui constitue en soi un élément de décor primordial à mes yeux ! Je vais me trouver de jolis clous tout tordus et rouillés pour les planter ici et là entre deux moellons afin de pouvoir y accrocher à ma guise les textes que j'aime, certains recopiés à la main, d'autres imprimés. Il est certain que nombre de mes bloggueurs favoris vont figurer sur ces murs voûtés, il y aura également des poèmes, des fragments divers, j'aurai ainsi le plaisir d'avoir en permanence sous les yeux une partie, même infime, des mots que j'aime.

Oh et puis j'ai trouvé, dans un livre oublié et descendu du grenier ce matin, des poèmes d'une poétesse arabe du 8e siècle, Hayâm Lamîs Mahjabîn mais je continue à fureter et chercher et si quelqu'un a quelques références sur Layla el Akhyaliya et sur une certaine Khansâ, toujours des femmes poètes arabes, je suis preneuse, hein.

En attendant, voici quelques distiques composés par Hayâm Lamîs Mahjabîn :

 

Quand sur toi je fais couler le miel de mes cheveux

Tu es nappé de l’or brun de mon désir.

 

 

 

Dos contre ta poitrine, je sens ton souffle sur ma nuque, mon vent,

Je sens la poussée de la racine sur mes collines, mon arbre.

 

 

 

Ma bouche biche s’entrouvre à l’approche de ta bouche fruit

La biche tend le cou en langue douce et sucrée.

 

 

 

Le torse de mon amant est fin et menu

Mais il est puissant car il me tend comme un arc.

 

 

 

Quand il me touche, mes cuisses sont galets brûlants

Rafraîchis par ma source d’eau femelle.

 

 

 

Mon corps de rivière réclame les coups profonds

De tes pas, de tes brassées ondoyantes.

 

 

 

Si je déguste une corne de gazelle,

C’est le miel salé de sa hampe qui coule dans ma gorge.

 

 

 

Embuée de sa pensée, je laisse mes lèvres s’ouvrir,

Ma langue pointe et le cherche, serpent habile.

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Publié dans hiver 2003

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