La femme Aubrac
A sillonner les hauts plateaux de l'Aubrac depuis déjà quelques années, je me doutais de quelque chose et je viens de découvrir de quoi il s'agit.
Elle a une peau chaude, même sous la couverture molletonnée de froid, quand l'Hiver la mordille. Une peau duveteuse et parcourue, souvent, de frissons. Elle présente des échancrures délicates, des fentes, des pentes douces, des rotondités, des pleins déliés. Quand je la parcours, je suis comme une toute petite main qui la découvre intimement et j'aimerais pouvoir enlever la mitaine de mes vêtements, être nue à son contact pour mêler ma peau à la sienne, la connaître encore plus intimement, fouetter mes ronde-bosses à moi au duvet blond qui ondoie au vent.
La semaine dernière, après m'être repue de la contemplation et de l'effleurement de cette carnation, j'ai eu soif, comme envie de la boire et, par miracle, je me suis retrouvée vacillante au bord d'une ouverture profonde, cachée, qu'on ne soupçonne pas à cinquante mètres. J'étais déjà venue là mais la présence de la femme Aubrac ayant sauté à mes sens, j'ai considéré avec stupeur cette nouvelle évidence.
J'ai descendu la bute et me suis retrouvée au bord du triangle ténébreux, du creux féminin. Je me suis encore avancée, timide, et me suis vue à l'orée de son sexe brut, très sombre, contrastant avec la pâleur de sa chair. Les rocs noirs et foisonnants ruissellent, ils sont doux et luisants, comme d'encre. Une cascade tombe là dans ce repli sombre, ses eaux crépitent et m'éclaboussent d'un jet violent, cachées par un énorme rocher... je me trouve comme entre les cuisses d'une géante qui ferait pipi, j'en ai le vertige et l'amour encore plus fort pour cette contrée vivante, personnification incroyable d'une Déesse qui enchante le Corps-L'Esprit. Elle s'est laissée voir dans son pipi, peut-être qu'un jour je la verrai dans des émois plus paroxystiques...
Ce recoin d'importance porte le nom de cascade du Déroc, au sud de Nasbinals...