A présent

Publié le par Llunet

Ce jour de mon anniversaire, j'ai l'impression de me retrouver devant ma feuille blanche, et cette envie de n'être que globes oculaires et cerveau qui me reprend n'est pas pour m'aider à noircir la feuille.

Je suis immobile, je suis aimée et entourée, j'aime et j'entoure, je lis, je regarde, j'écoute mais hormis ça, je ne bouge pas, je reste là, j'absorbe avec bonheur mais je reste fixée à mon sol où rien ne pousse. Les germes qui tentent de faire surface se déssèchent rapidement. Quand je me trouve sur une voie plus constructive, tout ça me retombe dessus comme une lourde pelisse en peau de chacal et les bras m'en tombent, mon cerveau, mes deuxièmes entrailles aux borborygmes silencieux digèrent mais ensuite... ça passe où, j'en fais quoi, je crée quoi ? Quatre états d'âme, deux images mignones et senties et puis plus rien, il ne se passe rien de plus, je n'en fais rien, je suis tout juste bonne à essayer de me faire remarquer par des patrons en chemise gaie.

La feuille n'est pas vraiment vide, j'y écris chaque jour, ça fait maintenant une grosse liasse mais le problème c'est que l'encre que j'utilise est sympathique (vous savez, cette encre invisible qui ne se révèle qu'après un processsus chimique), et je ne trouve pas le réactif qui va bien pouvoir la faire apparaître. En secouant ma caboche gourde, j'espère trouver un jour le jus de citron ou la chaleur et je pourrai peut-être déchiffrer le mode d'emploi du mouvement.

Encore jejejenombrilnombrilnombrilmememe.

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Publié dans Ete 2003

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