Ecrire

Publié le par Llunet

C'est étrange, cette découverte de l'envie d'écrire.

Petite, j'avais écrit une nouvelle sur la Lune et puis aussi un poème, mais ça correspondait plus, je crois, à l'envie de me prouver que je pouvais faire sortir de mon cerveau autre chose que des "rédactions" corrigées par mes profs de français qu'à l'envie réelle d'extirper des choses humaines sensibles.

Aujourd'hui, grâce à ce blog, je découvre le besoin d'écrire qui surgit de tout et de nulle part. Tout peut-être prétexte à mettre en mots, je ne crois pas qu'il y ait de sot sujet du moment qu'on décrit avec sensibilité et sincérité ce que ce "rien" évoque chez "moi l'humain", c'est comme pour donner à se reconnaître entre nous et c'est pour ça que je lis les autres, écrivains, bloggueurs, romanciers, poètes... 

Les jours où les choses de ma vie, passée, présente ou future et celles de la vie des autres ne m'évoquent rien, l'idée de taper sur mon clavier me donne presque la nausée, je ne pourrais certainement pas m'astreindre à écrire "pour la forme" ou pour l'exercice de chaque jour. Tant pis si de nombreux jours s'intercalent entre deux notes !

Par contre, si un détail, un fait vécu, lu ou vu chez moi et dans la vie de tous les jours et des autres me frappe de manière intime, rieuse ou colérique, je résiste mal à l'envie de le mettre en mots. J'ai alors envie de donner forme à cette impression, c'est comme si la parole était d'une matière vivante et palpable, c'est comme si j'avais de la terre glaise entre les doigts que je façonne jusqu'à avoir un portrait réussi de la situation ou de l'émotion, du paysage ou de la rencontre dont il est question. Un portrait réussi non parce que je maîtrise l'art des phrases et des mots, loin s'en faut, mais parce que l'agencement de ces particules, même maladroit, rend justice à ce que j'ai ressenti.

Ce que j'ai ressenti, j'essaie de bien le capter et le retenir de façon à ce que, une fois devant le clavier, mes doigts n'aient plus qu'à dévider la matière du dedans, le magma des émotions qui prennent forme en phrases. Il arrive aussi souvent que j'aie peur. Peur de ne pas réussir à restituer les choses, peur de souffrir et de peiner à les faire sortir correctement. Chez un écrivain, j'imagine les abîmes d'horreur que ça doit engendrer...

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Publié dans Ete 2003

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