If you wear that velvet dress
J'écoute cette chanson de U2 et l'eau des yeux, c'est pas bon pour mes joues, ça me les abîme et puis trace des sentiers salés, ça fait comme des réseaux de limaces qui me tracent.
Cette robe de velours rouge sang profond est-elle pour moi ? Non, impossible. Je crois qu'elle ne se laissera pas passer, que je ne sentirai pas son glissement sur moi.
Passer la tête, pointer les doigts qui entraînent les bras dans les tunnels jumeaux, sentir l'étoffe se poser sur mes épaules, épouser mes seins, la sentir prendre ma taille puis s'évaser sur mes hanches et s'arrêter aux alentours des cuisses et tourner avec moi.
Me retourner vers le miroir et regarder sans pitié, comme se regardent les femmes elles-mêmes et entre elles.
Ressentir derrière moi le regard de celui qui m'a taillé ces atours et qui au contraire me déclare que c'est la robe qu'il me fallait, qu'elle me sied bien.
Non, je crois qu'elle n'est pas pour moi, on va me l'arracher avant que j'aie pu la porter. Je n'aurai même pas le plaisir de l'entendre me dire qu'il veut me l'ôter, me la déchirer.
Ca m'a mordu cette nuit, je me suis réveillée avec de ces immondes sentiers de limaces qui partaient de mes yeux et parcouraient ma non-robe de nuit noire.
