L'Aubrac
Nous partirons donc sur l'Aubrac, à la fin du mois de juin, voilà... pour une dizaine de jours, tous les trois et nous allons avoir le bonheur de le présenter à notre petite barquette de trois ans.
L'Aubrac, pour moi c'est le plus bel endroit, celui où j'aimerais terminer et auquel apporter les substances nutritives de la décomposition de mon corps, six pieds sous terre.
Un plateau où avoir une petite maison de basalte pour vivre petitement vu de l'extérieur mais grandement pris de l'intérieur... Se saoûler de son air, se laisser couler dans les eaux de ses lacs enchantés discrètement, essayer de creuser un sillon mouvant avec mon corps qui veut s'y enfoncer pour finalement se chauffer au feu des pierres volcaniques de la grosse cheminée.
Je me souviens du choc que j'ai éprouvé et de celui que je sentais chez Jérôme, quand nous sommes arrivés sur le plateau, ça a été brutal, inattendu, soudain, et nous avons eu l'impression d'être projettés en l'air puis nous avons eu la sensation de parcourir des tunnels herbus sur ces petites routes sinueuses, c'était étrange, cette sensation d'être à la fois dans le ciel et comme engloutis par la terre lourde.
Le soir, j'ai éprouvé le besoin de m'y allonger, puis, une fois dans la tente, je me suis réveillée plusieurs fois avec la joie immense de sentir la terre sous moi, c'était la première fois que j'en sentais la rotondité, la puissance et comme le mouvement, je ressentais le grouillement des bestioles dans le sol et entendais le silence du ciel au dessus...
C'est petit, l'Aubrac, mais on y a un sentiment d'infini, d'espace immense, à perte de vue, c'est de l'herbe, des ondulations, des rocs arrondis basaltiques, des points de hêtres noueux, quelques burons... Et puis il y a ces lacs, celui de Saint-Andéol, particulièrement, au bord duquel tu peux rester des heures sans te lasser pour lire, dormir, penser, en arpenter le tour déosil...
Voici un site que j'aime bien, sur cet Aubrac dont je rêve et que je cherche à retrouver par chez moi.