La croûte réelle
Voici ce que j'ai lu sur un papier d'emballage alimentaire, vous savez bien, de ces fins papiers crissants, bruns et un peu cristallisés :
"La croûte de nos baguettes est réelle, bien dorée afin que le caramel de cette croûte s'allie à la saveur de la mie crème, large et régulière".
Lorsque dans la niche de pierre de ma cuisine ou dans le réfrigérateur je dépose de ces paquets de victuailles, je ne le fais pas sans tendre l'oreille et m'attarder sur leur aspect général, j'écoute et observe les denrées cachées qui prennent leurs aises dans l'office.
Mes mains sentent la chair tendre et rosée de filets de dinde et leur fraîcheur avenante semble m'attendre sous la jupe sulfurisée. A travers les froissements bruns du papier, j'éprouve de mes doigts attentifs le craquelé fariné d'une baguette chaude que je dévore déjà en la humant, je devine crêtes dures et entr'ouvertures moelleuses de mie. Il m'est presqu'aussi délectable de déposer ainsi tout en retenue ces paquets généreux que de les déshabiller afin d'en déguster le contenu.
Quand j'en ai terminé et que le papier bruissant est vide et léger, je le presse en boule au creux de ma main et alors il devient le point final qui concentre et résume les odeurs envolées.
"La croûte de nos baguettes est réelle, bien dorée afin que le caramel de cette croûte s'allie à la saveur de la mie crème, large et régulière".
Lorsque dans la niche de pierre de ma cuisine ou dans le réfrigérateur je dépose de ces paquets de victuailles, je ne le fais pas sans tendre l'oreille et m'attarder sur leur aspect général, j'écoute et observe les denrées cachées qui prennent leurs aises dans l'office.
Mes mains sentent la chair tendre et rosée de filets de dinde et leur fraîcheur avenante semble m'attendre sous la jupe sulfurisée. A travers les froissements bruns du papier, j'éprouve de mes doigts attentifs le craquelé fariné d'une baguette chaude que je dévore déjà en la humant, je devine crêtes dures et entr'ouvertures moelleuses de mie. Il m'est presqu'aussi délectable de déposer ainsi tout en retenue ces paquets généreux que de les déshabiller afin d'en déguster le contenu.
Quand j'en ai terminé et que le papier bruissant est vide et léger, je le presse en boule au creux de ma main et alors il devient le point final qui concentre et résume les odeurs envolées.
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