Je n'ai pas sommeil
Alors je lis Jung, je pense à ses lunettes, je regarde le presque noir de ma fenêtre vers Lui et je vois la lumière au sommet de la coupole sucrée. Elle est suspendue, flotte dans l'air qu'il respire. Je me transporte là tout en haut, mes pieds nus s'éclairent à la lueur chaude qui fait du bien, je tourne mes regards à droite, vers le toit de sa maison et mes cheveux serpentent vers lui pour qu'il s'agrippe à eux du bord de la fenêtre creusée de notre eau. Je le tresse tout nu à ma kératine amoureuse et le prends contre mon épaule. C'est alors que je me redresse, tendue vers le sud, étends les bras, plie les genoux pour prendre mon élan et fends le noir de la nuit rapide. Mes cheveux sont ailés de lui et dans mon vol puissant ils viennent parfois effleurer mes lèvres pour me laisser ressentir sa chaleur tressée odorante. Je ne dors pas encore, je ne suis pas entourée de ma terre, ne brûle pas, n'ondoie pas aquatique, mais cette fois je vole, je vole en nuit noire très sombre de joie.
Publicité