Peindre les eaux
Je crois que la prochaine série de toiles que je peindrai aura pour sujet l'Eau. Entendons-nous bien, je n'ai aucune envie de faire des marines, sur fond de port avec petits bateaux et mouettes ou roseaux et flamands roses, ni de peindre un étang (qui se débrouille d'ailleurs très bien tout seul sans moi), avec nénuphars et grenouilles ou vaguelettes et nuages en reflet.
Non, j'ai envie de suivre encore ces lignes aquatiques qui portent ma main sur la toile sans que j'y songe vraiment, je veux peindre la peau de l'eau. J'ai envie de montrer le reflet charnu de la nudité lunaire à la surface d'eaux noires de nuit, je veux décrire l'intérieur habité des gouttes de pluie et des larmes serties sur la peau d'une déesse rêvée. J'ai envie de l'eau de puits, de gouffres et de torrents violents, je veux la faiseuse de sel et stalactites, la perle géante sur la brindille veloutée et les cercles lents autour de la pierre jetée disparue. Je veux le monde que j'imagine près de mon corps lorsque je m'étends dans le bain à la poudre de cannelle, je veux les algues-cheveux, les lunes humides et minuscules, dures et lustrées, je veux le rouge-orangé du poisson amoureux, l'écume liquide des vagues vues sous la surface et l'écume crémeuse des vagues vécues à la surface, je veux la salive et les larmes, la peau salée et la nacre perlée au mélange de nos eaux en nacelle...
Non, j'ai envie de suivre encore ces lignes aquatiques qui portent ma main sur la toile sans que j'y songe vraiment, je veux peindre la peau de l'eau. J'ai envie de montrer le reflet charnu de la nudité lunaire à la surface d'eaux noires de nuit, je veux décrire l'intérieur habité des gouttes de pluie et des larmes serties sur la peau d'une déesse rêvée. J'ai envie de l'eau de puits, de gouffres et de torrents violents, je veux la faiseuse de sel et stalactites, la perle géante sur la brindille veloutée et les cercles lents autour de la pierre jetée disparue. Je veux le monde que j'imagine près de mon corps lorsque je m'étends dans le bain à la poudre de cannelle, je veux les algues-cheveux, les lunes humides et minuscules, dures et lustrées, je veux le rouge-orangé du poisson amoureux, l'écume liquide des vagues vues sous la surface et l'écume crémeuse des vagues vécues à la surface, je veux la salive et les larmes, la peau salée et la nacre perlée au mélange de nos eaux en nacelle...
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