Le rêve

Publié le

Des hauteurs où je me trouve, je vois une prairie aux herbes hautes vert- argent, il y a un arbre immense au ramage allongé dont je m'approche en douce descente. Cet arbre géant est un homme et son membre viril est vigoureusement planté dans le sol, il oscille lentement au vent et sa peau frissonne comme un vrai feuillage. Au pied de l'arbre, dans la terre où s'enfonce l'homme, je vois mon corps, je suis étendue morte dans un cercueil d'eau et je me répands en coulées sinueuses de blancs asticots. Le sol se gorge de cette semence et toute la prairie se couvre avec l'arbrhomme de fleurs blanches.

Je peindrai ce rêve où je nous ai vus... L'homme que j'aime était l'arbre et je jaillissais de lui en saccades nacrées, je me répandais morte non morte en racines fertiles pour nourrir à mon tour la terre où je gisais et où il fleurissait.
Publicité

Publié dans Automne 2004

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article