Les maux de la licoeur

Publié le par Llunet

Elle vient me chasser jusque dans la cuisine boisée. Quand elle se réveille pour m'assaillir, chaque pierre du mur apparent me fixe dans ce sidérant silence minéral.

Alors que je verse le lait miellé qui devrait être si doux, l'oeil distordu de l'inox-casserole me regarde méchamment. Ca me poigne là, là entre les seins, ça me saigne et puis remonte dans la gorge, sabre au clair. Je m'agrippe au rebord de la table et je suis obligée de boire cette eau de vie jusqu'à la lie. Après un détour par mon cerneau de moi, elle redescend à toute allure et redevient liqueur qui me laisse aller et qui ruisselle vers l'amande amère, je suis obligée d'être discrète et ça me pleure de l'intérieur.

Quand elle a terminé, son alcool se concentre à nouveau là, entre mes seins, au centre de ma poitrine, et le talisman intérieur renaît, ressemblant à du verre ou à de l'opale, se préparant pour de futurs assauts.

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Publié dans Ete 2003

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